Asian Carps
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Plan d'intervention pour les carpes asiatiques


Un petit nombre de carpes à grosse tête et de carpes de roseau ont été capturées dans les eaux canadiennes des Grands Lacs. Seulement trois spécimens de carpes à grosse tête ont été pris de 2000 à 2003, tous dans l'ouest du lac Érié. On croit que ces poissons ont été intentionnellement mis en liberté. Depuis 1985, environ huit carpes de roseau ont été capturées dans les lacs Huron, Ontario et Érié, mais elles étaient toutes triploïdes (stériles). Elles se sont probablement échappées de populations stockées aux États-Unis. À ce jour, aucune carpe argentée ni carpe noire n'a été trouvée dans les Grands Lacs.

Très envahissantes, les carpes asiatiques menacent les écosystèmes indigènes dans lesquels elles sont introduites. Deux espèces (la carpe à grosse tête et la carpe de roseau) constituent une préoccupation immédiate, compte tenu de la menace qu'elles représentent pour les Grands Lacs. Elles vivent actuellement dans de nombreuses voies navigables des États-Unis, dont les cours moyen et inférieur de la rivière Illinois ainsi que le cours supérieur de la rivière Illinois et le réseau de voies navigables de la région de Chicago, tous directement liés au bassin des Grands Lacs. Cette proximité pourrait permettre aux carpes envahissantes de se propager dans les Grands Lacs, à moins que des mesures efficaces ne soient prises afin que cela ne se produise pas.



En 2002, on a installé des barrières électriques dans l'une des voies navigables de la région de Chicago afin d'empêcher la carpe à grosse tête de pénétrer dans les Grands Lacs. Jusqu'à maintenant, une seule carpe à grosse tête a été trouvée de l'autre côté des barrières dans cette voie navigable.



En 2013, des équipes de Pêches et Océans Canada se sont rendues à 24 emplacements dans le lac Érié, le lac Huron et le corridor Huron-Érié pour procéder à un échantillonnage à des fins de détection rapide. En 2014, des équipes de Pêches et Océans Canada ont procédé à un échantillonnage à des fins de détection rapide à 34 endroits dans le lac Érié, le lac Huron et le corridor Huron-Érié, et dans des sites de dépistage des lacs Ontario et Supérieur. Ces emplacements ont été sélectionnés en fonction de modèles de prévision selon lesquels on y trouvait des habitats convenant aux carpes asiatiques. L'échantillonnage a été effectué au moins une fois à chaque endroit; pour ce qui est des endroits qui, selon les modèles écologiques, présentaient le plus haut risque d'invasion, on a procédé de nouveau à l'échantillonnage, pour un maximum de trois fois, de juin à octobre. Le nombre de sites d'échantillonnage à chacun des endroits variait selon leur superficie et les types d'habitat présents. Des renseignements sur l'habitat ont été consignés pour chaque site d'échantillonnage. Des équipes ont pratiqué la pêche à l'électricité en bateau et utilisé des filets maillants, des trémails, des verveux, des filets-trappes et des sennes bourses. Les poissons recueillis à chaque site ont été identifiés, comptés, mesurés et retournés dans les eaux d'où ils provenaient. Toute carpe asiatique découverte est retirée de l'eau et envoyée au laboratoire pour faire l'objet d'une analyse plus approfondie. Lorsqu'un spécimen de carpe asiatique est capturé, le personnel de Pêches et Océans Canada passe immédiatement aux protocoles d'intervention. L'intervention est axée de façon intensive sur la capture des carpes asiatiques qui pourraient se trouver à proximité des endroits où a eu lieu la détection initiale; l'échantillonnage du reste de la communauté de poissons n'est pas effectué.


La carte ci-dessus présente les emplacements de surveillance aux fins de détection rapide situés près des côtes et dans les affluents dans la partie canadienne des Grands Lacs (2013). À chaque emplacement, on a procédé à un échantillonnage de plusieurs sites aux fins de détection rapide de carpes asiatiques, d'espèces de substitution (buffalo, carpe commune) et de la communauté de poissons. Ainsi, on a utilisé des techniques de pêche traditionnelles, dont la pêche à l'électricité en bateau, au filet-trappe, au verveux, au trémail et à la senne bourse.


Équipement de surveillance


Divers outils d'échantillonnage et d'élimination permettent de réaliser les objectifs du plan décrit plus haut. Parmi ces outils, il y a le matériel d'échantillonnage traditionnel (pêche à l'électricité, trémail, filet maillant expérimental, verveux, filet-trappe, filet traînant, senne); les pesticides chimiques (roténone); les appareils de détection sonore et d'imagerie de haute technologie (télémétrie sonore et hydroacoustique, sonar DIDSON, sonar à balayage latéral); et les techniques de conception nouvelle ou d'avant-garde (ADN environnemental, canons à eau, obstacles chimiques, appâts alimentaires).


Pêche à l'électricité

La pêche à l'électricité désigne en général un processus qui consiste à établir un champ électrique dans l'eau afin de commotionner les poissons et de les capturer. Lorsqu'ils sont exposés au champ, la plupart des poissons sont attirés vers l'anode; ils nagent vers celle-ci lorsque la densité du champ électrique augmente. Quand ils se trouvent tout près de l'anode, ils sont immobilisés et flottent à la surface. On peut donc déterminer leur quantité, leur densité et la composition des espèces. Trois types d'appareils sont généralement employés pour la pêche à l'électricité : les appareils portatifs, les appareils installés sur les rives des cours d'eau et les bateaux.

La pêche à l'électricité est un important outil d'échantillonnage de poissons qui fait partie de presque tous les plans d'action d'échantillonnage prévus pour le réseau de voies navigables de la région de Chicago (CAWS). Elle sert à surveiller les carpes asiatiques adultes et juvéniles ainsi que les jeunes carpes de l'année dans des sites fixes et sélectionnés au hasard partout dans la voie navigable, et dans le cadre d'activités de surveillance intensive et de mesures d'entretien des barrières faisant partie de l'intervention et de la planification.



Trémails


Les trémails à grandes mailles (un type de filet maillant) sont souvent utilisés en combinaison avec la pêche à l'électricité dans le cadre de mesures de surveillance et de retrait ayant lieu dans des sites fixes au Canada, dans le réseau de voies navigables de la région de Chicago, dans le cours inférieur de la rivière Des Plaines et dans le cours supérieur de la voie navigable Illinois. Ces filets, qui ciblent les carpes asiatiques juvéniles de grande taille et adultes, sont généralement utilisés dans les habitats plus profonds, de chenaux latéraux ou extracôtiers où il est difficile de procéder à l'échantillonnage au moyen d'équipement de pêche à l'électricité. Les dimensions de ces filets varient selon les besoins, allant de 2 à 5 mètres de hauteur et de 90 à 500 mètres de longueur. Des filets de conception nouvelle seront intégrés aux activités d'échantillonnage dès qu'ils seront disponibles.



Verveux et filets-trappes


Ces outils permettent de piéger les poissons dans des filets. Les poissons entrent dans l'engin passif par les étranglements, appelés tunnels ou entonnoirs. En ce qui concerne les verveux, leurs structures peuvent être rondes, en forme de D ou carrées, et sont habituellement faites de tubes d'aluminium. Les tunnels sont des cônes maillés fixés à une paire de verveux, de façon que lorsque le filet est installé et que les verveux sont séparés, l'extrémité étroite du tunnel pointe vers l'arrière. Les verveux peuvent être séparés par des barres d'écartement qui y sont fixées, ou par une extension du filet entre des points fixes. 


Certains verveux sont dotés d'ailes et de ralingues. Les ailes sont faites de courtes mailles et sont dotées d'une ralingue supérieure et d'une ralingue inférieure attachées aux marges latérales du premier verveux et qui prolongent le plan longitudinal du piège. 


Le filet-trappe est semblable au verveux en ce sens qu'il est muni d'ailes, qu'une ralingue y est fixée et qu'il comprend un ou plusieurs tunnels par lesquels entrent les poissons; il n'a toutefois pas de structure rigide.



Sennes bourses


Une senne bourse consiste en un tronçon à petites mailles tendues entre une ralingue à flottabilité positive et une ralingue à flottabilité neutre; on la tire dans l'eau pour entourer les poissons. Un sac fait des mêmes mailles qui se prolonge à l'arrière du filet est intégré au point central, de manière à ce que les poissons y entrent lorsque le filet est tiré vers l'avant. La description d'une senne comporte habituellement sa longueur, sa profondeur, les dimensions du sac, le maillage et le matériau. La flottabilité et le poids sur les ralingues supérieure et inférieure sont parfois indiqués. Les sennes bourses peuvent être utilisées lors de la pêche à gué (en marchant) ou depuis un bateau. On appelle habituellement « trait » le déploiement et la récupération d'une senne bourse. Selon la technique la plus simple, deux personnes marchent parallèlement dans l'eau en tenant la senne de façon qu'elle forme un U derrière eux. On peut également utiliser la senne en gardant fixée l'une de ses extrémités et en déployant le filet en demi-cercle, à gué ou depuis un bateau. On recueille la senne bourse ainsi lancée en joignant les deux extrémités de celle-ci et en tirant le filet vers l'avant afin que les poissons entourés se retrouvent dans le sac. 

En général, une senne bourse n'est employée que dans des eaux dont la profondeur est inférieure à la moitié ou aux deux tiers de sa propre profondeur, afin que la ralingue inférieure demeure au fond et que la ralingue supérieure reste en surface lorsque le filet est tiré vers l'avant. Le processus de pêche au filet s'effectue plus facilement lorsque le fond est lisse et dépourvu de débris et d'obstacles. En effet, la senne peut rester accrochée à des roches ou à des rondins, entre autres, et souvent, on ne peut la dégager qu'en tirant le filet vers l'arrière depuis l'objet en question.



Filets maillants


Les filets maillants sont constitués de mailles qui forment des ouvertures carrées, et qui sont attachées à une ralingue à flottabilité positive sur le dessus (souvent appelée ralingue supérieure) et à une ralingue à flottabilité neutre en dessous (souvent appelée ralingue inférieure ou ralingue plombée, parce qu'on utilise habituellement des poids en plomb pour la maintenir). En général, ils s'étendent entre deux points fixes : on attache l'une des extrémités à un objet immobile comme une ancre ou un arbre qui se trouve sur le littoral, puis on s'éloigne de ce point tout en étendant le filet. Une fois qu'on a atteint l'autre extrémité du filet, on l'attache aussi à un objet immobile, puis on laisse le filet en place pour capturer les poissons lorsqu'ils y entrent. Les poissons sont capturés dans les filets maillants quand ils sont coincés dans les ouvertures que forment les mailles ou quand ils s'y enchevêtrent. La taille des ouvertures, à savoir le maillage, est donc un paramètre essentiel de l'efficacité. Des filets expérimentaux dont le maillage varie de 19 à 50 mm se sont avérés prometteurs en tant qu'outils de surveillance des jeunes de l'année et des juvéniles précoces.

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